Candidature de Paul St-Pierre Plamondon

Le Parti Québécois a-t-il trouvé son sauveur?

Photo: abdallahh

Les choses ne vont pas très bien pour le Parti Québécois (PQ) par les temps qui courent. Il a perdu son chef et plus le temps passe, plus il risque de perdre sa deuxième place dans les sondages.

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Les différents candidats s’opposaient jusqu’à tout récemment à propos de la mécanique référendaire alors que le gouvernement de Philippe Couillard vit des jours difficiles. Pendant que le PQ essaie de trouver la prochaine date du référendum, la Coalition Avenir Québec (CAQ) joue le rôle de l’opposition officielle. Devant un gouvernement aussi impopulaire, il est fort probable que les troupes de François Legault gagnent des points dans les prochains coups de sonde.

La souveraineté, on le sait, n’est plus ce qui déclenche les passions. Le porte-parole en matière de finances du PQ Nicolas Marceau tente actuellement de remettre de l’avant la question du «beau risque», ce qui risque que rendre la course à la chefferie du PQ encore plus ennuyeuse. Si l’indépendance ne soulève pas les foules actuellement, je doute que la négociation d’un statut particulier pour le Québec dans la constitution canadienne aide à dynamiser le discours du Parti Québécois.

Même si la machine interne est toujours aussi bien huilée, on se demande si le PQ a encore un lien avec le reste de la société. Certains estiment que Paul St-Pierre Plamondon pourrait jouer un rôle de médiateur et reconnecter la formation politique avec les Québécois-es.

Un nouveau venu

Il y a en a qui sont doués pour se faire des amis. D’autres non. Après avoir dit que les libéraux étaient corrompus, critiqué le PQ, affirmé que Gabriel Nadeau-Dubois était l’emblème des problèmes de la gauche au Québec, voilà que St-Pierre Plamondon annonce qu’il renonce à son statut d’orphelin et briguera la course à la chefferie du PQ.

La valse est si complexe qu’elle en donne des maux de tête. Comment peut-on, en six mois, faire tout et son contraire? C’est peut-être que plusieurs voient la politique non pas comme une occasion d’être cohérent, mais plutôt comme des fenêtres d’opportunité. Dans ce cas précis, toutefois, plusieurs obstacles sont à prévoir.

Comment peut-on, en six mois, faire tout et son contraire?

Pour être officiellement candidat, St-Pierre Plamondon devra récolter 1500 signatures et amasser des sommes substantielles d’argent. Si l’on regarde la dernière campagne de sociofinancement des Orphelins politiques, le maigre 15 000 amassé (sans les règles strictes du financement du PQ) depuis avril dernier est peut-être un bon indicateur de ses chances de succès…

Des militants du camp d’Alexandre Cloutier martèlent déjà qu’il n’aura pas les 1500 signatures nécessaires. On comprend à travers cette affirmation que certains croient que son annonce n’est qu’une façon de mousser sa propre personne. Quel bon moment, alors que tout le monde s’apprête à quitter pour les vacances, pour essayer de récolter du temps d’antenne et gagner en notoriété. Mais ne lui prêtons pas d’intentions pour l’instant. Regardons plutôt ce qu’il pourrait proposer.

Jusqu’à maintenant, on ne fait qu’enchaîner les beaux mots qui ne veulent rien dire. Aura-t-il l’audace de prendre position sur des enjeux politiques concrets?

Au-delà des belles formules, un contenu encore flou

Depuis qu’ils ont mis le pied dans l’arène politique, plusieurs ont critiqué le vide proposé par St-Pierre Plamondon et ses orphelins. On peut résumer le fond de leur pensée politique en deux mots : «progrès» et «social-démocratie». Ce sont deux beaux mots. Mais cela ne veut absolument rien dire. Au Québec, tout le monde, sauf l’Institut économique de Montréal, est social-démocrate à sa façon. Même François Legault se dit social-démocrate. Que pense-t-il des questions épineuses, concrètement? Lors de sa conférence de presse pour lancer sa campagne, St-Pierre Plamondon n’a même pas été en mesure de dire qu’il était indépendantiste. Jusqu’à maintenant, on ne fait qu’enchaîner les beaux mots qui ne veulent rien dire. Aura-t-il l’audace de prendre position sur des enjeux politiques concrets?

Sur le plan constitutionnel, il faut s’attendre à ce que St-Pierre Plamondon courtise le groupe de Nicolas Marceau, qui réclame que le PQ tente pour une deuxième fois de réformer le Canada après avoir réclamé un référendum dans un premier mandat. Si la position de Marceau ne convient pas au nouveau venu dans la course à la chefferie, peut-être que les deux se coaliseront autour du fait qu’il est toujours possible de changer d’idée…

Le nouveau candidat souhaite aussi «redonner le Parti Québécois à tous les Québécois-es». Comme s’il se croyait le porte-parole de la société civile au sein de ce parti. Depuis son entrée en scène dans l’arène politique, Paul nous a démontré qu’il n’avait pas grand-chose à proposer. Il est même difficile de comprendre la logique derrière les constats qui l’amènent à se présenter en politique. Jusqu’à présent, on a plutôt l’impression que ce qu’il a à offrir se résume à son ego et à une bonne dose de marketing. Ironiquement, avec la hauteur du débat public, peut-être que la greffe prendra entre l’orphelin et sa nouvelle famille d’accueil.

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