Course à la chefferie du PQ

Le candidat venu d'ailleurs

Paul St-Pierre Plamondon veut remettre le progressisme et la démocratie au coeur de la politique.
Gracieuseté

À quelques jours du scrutin pour choisir le prochain chef du Parti Québécois (PQ), Ricochet a rencontré l'ensemble des candidats après Jean-François Lisée ce printemps. Nous présenterons leurs idées et points de vue cette semaine.

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L'orphelin politique Paul St-Pierre Plamondon a sauté dans l'arène au printemps en annonçant à la dernière minute sa candidature à la chefferie du Parti Québécois. Il explique pourquoi.

Après avoir lancé le mouvement Orphelins politiques en grande pompe au printemps dernier, Paul St-Pierre Plamondon a fait le saut en politique quelques semaines plus tard. Le point tournant pour lui? Le départ de Pierre-Karl Péladeau. «J'avais annoncé d'emblée au début des Orphelins qu'il y avait trois issues à l'initiative; on formerait un parti politique, on en joindrait un ou on resterait dans la société citoyenne, mais moi j'avais dit à mon groupe que si c'était pour devenir Génération d'idées 2.0, ça ne m'intéresserait pas, après l'avoir fait pendant sept ans… Je voulais être sûr qu'on ait un impact réel sur la démocratie québécoise», explique-t-il.

Il ajoute : «Ça fait huit ans que je fais tout en dehors de la politique; à un moment, je me suis dit qu'il fallait que j'y aille. Il n'y a pas juste une façon de changer la société, et ce n'est pas vrai que mon parcours n'a pas de valeur parce que je ne suis pas au PQ depuis l'aube des temps. Ma force dans cette campagne était justement de venir de l'extérieur, parce que je donnais une voix à toute sorte de personnes qui n'étaient pas déjà dans le PQ, et j'ai reçu un accueil tout à fait correct des militants et militantes. C'était aussi mon désavantage, parce qu'on me disait "tu n'as pas d'expérience"», confie-t-il.

Il n'y a pas juste une façon de changer la société, et ce n'est pas vrai que mon parcours n'a pas de valeur parce que je ne suis pas au PQ depuis l'aube des temps.

Pour l'avocat, l'essentiel est de redonner le PQ aux Québécois et aux Québécoises, tel que le stipule son slogan. Il croit que le PQ, le parti «naturel» des progressistes et des démocrates, doit redevenir un lieu de convergence et de circulation des idées. «Si on fait seulement une campagne à l'interne, en disant "tel membre m'appuie et tel autre non", et qu'il n'y a pas de campagne d'idées, et pas de questions par rapport aux gens qui ont déserté le parti, ça ne pourra pas fonctionner», affirme-t-il.

La notion de progressisme ne rime pas nécessairement avec les idées du PQ, au contraire de partis comme Option nationale (ON) ou encore de Québec solidaire (QS). Pourquoi alors ne pas avoir joint l'une de ces deux options? «QS représente une gauche idéologique de l'indignation et de contestation, qui est utile dans la société, mais qui ne rassemblera jamais la majorité. La gauche qui m'inspire, c'est celle de Lévesque, celle de Lesage. Il faut donc que le PQ revienne à ses valeurs de base, et au plus vite, et c'est pour ça que je me présente», explique-t-il.

«J'ai constaté que sous les libéraux, le non-partisan (comme Les Orphelins politiques) n'a presque pas d'impact.

Autre argument du cofondateur de Génération d'idées (duquel Mélanie Joly faisait également partie): le PQ est le seul parti capable de déloger les libéraux, qui, depuis des années, enlisent le Québec dans une culture de mensonges, d'austérité et de corruption, selon le jeune homme. «J'ai constaté que sous les libéraux, le non-partisan (comme Les Orphelins politiques) n'a presque pas d'impact. C'est toujours important une société civile forte, mais sous les libéraux, avec une mentalité top-down, le pouvoir d'action citoyen est limité, alors qu'avec un pouvoir péquiste, il y aura une action politique plus forte de la part de la société civile.»

Cinq propositions pour changer le Québec

Loin de débats houleux que mènent les autres candidats à la chefferie, notamment sur les questions d'immigration et de souveraineté, M. St-Pierre Plamondon propose de grands axes de travail pour redorer le blason du PQ. Lutter activement contre le profilage racial au Québec; mettre fin à la discrimination à l’emploi; rendre la francisation obligatoire pour tous les immigrant-es et revaloriser l'identité québécoise ; ouvrir les portes du Parti Québécois aux personnes racisées ou de confession religieuse autre que catholique, et mettre en application le principe de la neutralité religieuse de l’État.

M. St-Pierre Plamondon prône donc à la fois un projet de société (souverainiste) inclusif, tout en exigeant de l'État qu'il soit laïc. Ambitieux projet donc, que le jeune politicien croit tout de même possible. «Le PQ, dans la composition de ses membres, ne s'est pas adapté aux changements démocratiques. Mon slogan implique qu'il faut faire un projet inclusif au lieu de toujours réduire. Aucun projet de société ne pourra fonctionner comme ça.»

«Le PQ, dans la composition de ses membres, ne s'est pas adapté aux changements démocratiques. Mon slogan implique qu'il faut faire un projet inclusif au lieu de toujours réduire.

Bon dernier dans les sondages (moins de 5% des intentions de vote), St-Pierre Plamondon affirme «qu'il faut que les gens recommencent à aimer leur PQ, et ne vote pas seulement de façon stratégique, mais aussi avec coeur. Et il faut que les jeunes reprennent leur carte du parti. C'est la première étape.»

Si Paul St-Pierre Plamondon perd son pari le 7 octobre prochain, ce qui semble fort probable, l'orphelin qui a trouvé sa famille dit vouloir continuer à s'impliquer au sein du PQ et se présenter comme candidat en 2018. «J'ai toujours pensé me présenter en politique. J'avais même pensé me présenter comme indépendant, mais le départ de PKP et ma volonté d'écarter les libéraux du pouvoir m'ont convaincu de me présenter avec le PQ», confie-t-il.

Quant aux Orphelins politiques, difficile de savoir ce qu'il en est, mais le nouveau politicien a définitivement passé le flambeau. «Je souhaite aux Orphelins qu'ils continuent de faire ce qu'ils font. Certains m'ont suivi, d'autres non, parce qu'ils ne voulaient pas aller au PQ. Mais personnellement, je trouve irresponsable de ne pas chercher activement des solutions à l'impasse démocratique de notre société qui remet toujours au pouvoir les libéraux.»

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