Samian, l'artiste de tous les arts

Samian

Après avoir annoncé qu’il prenait une pause de la musique cet été, l’artiste Samian troque les mots pour la photographie, et le cinéma. Une porte se ferme, d’autres s’ouvrent, pour le plus grand plaisir de l’artiste algonquin.

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La photo

Au fil de ses voyages, Samian a commencé, depuis quelques années, à se promener avec un appareil photo, pour croquer des portraits de ses rencontres. Résultats; une exposition cet été de ses clichés à la Place-des-Arts, qui tournera un peu partout dans la province cet automne, et, cette semaine, le lancement d’un livre qui en découle, Enfant de la Terre (Carte Blanche). «La photo prend vraiment une place importante dans ma vie. Pour moi, c’est lié à la poésie. Mon goût pour la photo vient de mon père. Un jour je suis tombé sur une vieille boîte à souliers remplie de photos en noir et blanc d’un voyage qu’il avait fait dans l’Ouest canadien. Ç’a été mon premier contact avec la photo.»

Extrait d'Enfant de la Terre
Samian

Enfant de la Terre, donc, un premier projet photo pour l’artiste, mais loin d’être le dernier (Samian a en déjà plusieurs autres à venir), est une série d’une trentaine de portraits en noir et blanc. «La pellicule m’attire, et le noir et blanc aussi, même si on est à l’ère numérique». L’artiste originaire de Pikogan, en Abitibi, espère pouvoir faire, chaque fois, une exposition et un livre. «Je suis tombé dans un bon «timing» pour cette exposition, comme avec le cinéma, et la musique. Je suis vraiment béni d’avoir autant de chance dans tous mes projets artistiques. Je suis toujours rentré par la grande porte, dans tous les domaines. Ma première «gig» de photos, c’était le 10e World Press à Montréal, puis une exposition à la Place des arts. En cinéma, je suis rentré sur un film (Roche Papier Ciseau, de Yan Lanouette Turgeon) avec Roy Dupuis et Roger Léger, sans passer d’auditions.»

Je suis tombé dans un bon «timing» pour cette exposition, comme avec le cinéma, et la musique. Je suis vraiment béni d’avoir autant de chance dans tous mes projets artistiques.
Extrait d'Enfant de la Terre
Samian

Le cinéma

En plus de sa nouvelle carrière photographique, Samian a également reçu son premier «premier rôle» au cinéma, et non le moindre; celui de narrateur du nouveau film de François Girard (Le Violon rouge), Hochelaga, terre des âmes, une vaste fresque historique sur l’histoire de Montréal. Avec un budget de 15 millions de dollars et une myriade de comédiens de grand talent, Samian se sent privilégié et fier de participer à cette œuvre, d’un réalisateur qu’il respecte grandement, et qui a la sensibilité de faire une place importante et non stéréotypée aux peuples autochtones dans l’histoire de la métropole.

«Souvent, on montre les Européens qui débarquent ici tout propres et bien coiffés, en montrant les Autochtones de façon préhistorique et arriérée. Là, c’est vraiment l’inverse. Les Autochtones dans le film sont tellement fiers, tellement beaux, c’est vraiment super. Les Premières Nations de 1535, c’était des peuples très organisés, très civilisés, et ils ont beaucoup aidé les Européens à survivre».

Ses origines

S’il porte fièrement ses origines autochtones, et en est devenu le porte-étendard un peu malgré lui, il reste critique et inquiet de la transmission de l’histoire autochtone au Québec.

Pour lui, la solution passe par l’éducation. «La situation est complexe. C’est pour qu’il faut l’enseigner dans les écoles. Pour que les gens aient de moins en moins de préjugés et comprennent la complexité des réalités autochtones, de leur fonctionnement, des individus, de la loi sur les Indiens. Je pense qu’en ce moment, tous les systèmes scolaires ont le devoir d’adapter leur cours, peu importe la matière, pour prendre un moment pour expliquer l’histoire de notre pays. Les profs dans les écoles ont un rôle à jouer. Ils n’ont pas besoin, eux, d’attendre le ministère de l’Éducation pour enseigner la réalité aux élèves. Pas besoin d’attendre les réformes. Je fais plein de conférences dans les écoles, et c’est les profs qui m’invitent.»

La situation est complexe. C’est pour qu’il faut l’enseigner dans les écoles. Pour que les gens aient de moins en moins de préjugés et comprennent la complexité des réalités autochtones, de leur fonctionnement, des individus, de la loi sur les Indiens.

Il ajoute que ses textes se retrouvent aujourd’hui dans des livres d’histoire du secondaire, même aux États-Unis. «Je réalise que l’impact de mon œuvre va au-delà de ma musique. Plein de gens n’ont jamais écouté l’un de mes albums, mais me connaissent quand même. C’est devenu plus grand que moi, à cause du statut qu’on m’a donné, mais ça ne change rien. Je reste le petit cul de Pikogan», affirme l’artiste multidisciplinaire.

Extrait de Enfant de la Terre
Samian
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