Women's march à Washington

Ce n'est qu'un début, continuons le combat

Notre responsable de l'information revient sur la Women's march de Washington, et surtout, sur la suite des choses.
Gabrielle Brassard-Lecours

Déjà trois jours ont passé depuis la marche des femmes à Washington (et partout ailleurs), mais compte tenu de l'importance de cet événement historique auquel j'ai eu la chance d'assister, je juge qu'il est encore pertinent, et plus que jamais, d'en parler. Et surtout, d'analyser sa signification et ce qu'il veut dire pour l'avenir.

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«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question» - Simone de Beauvoir.

Depuis vendredi dernier, un seul nom sur toutes les lèvres. Placardé sur des millions de pancartes partout à travers le monde samedi lors des marches des femmes. Écrit dans nombre d’articles. Faisant son apparition dans tous les fils Facebook, au point que plusieurs se demandent comment bloquer les contenus le nommant, pour ne par devenir fou et folle, pour ne pas complètement déprimer. Avec raison. J’ai donc décidé de ne pas le nommer dans ce présent texte. Il l’est déjà trop, et nous ne sommes qu’au début.

Même si on peut remettre en question les actions concrètes qui découleront de cette marche, samedi, à Washington, avec quatre de mes très bonnes amies, après 13 longues heures de route dans une voiture louée pour l’occasion, il y avait de l’espoir. Et de la colère. Et de la solidarité. Tellement que les quatre, voire cinq heures de discours se répétaient en une longue liste inclusive de toutes les femmes, les racisées comme les immigrantes, les autochtones comme les trans.

Il y avait tant de gens, là-bas comme ailleurs aux États-Unis, qu’il est difficile de comprendre, en fin de compte, qui a voté pour le Voldemort américain. Tant de gens que l’itinéraire de départ a été impossible à tenir. Chaque rue du centre-ville était envahie de milliers de personnes qui allaient en tout sens, brandissant pancartes et criant slogans. Pas de réseau internet accessible tellement il y avait de monde. Myriade d’artistes, d’activistes et de femmes qui s’impliquent dans diverses sphères mobilisaient la foule à tout moment.

Il y avait tant de gens, là-bas comme ailleurs aux États-Unis, qu’il est difficile de comprendre, en fin de compte, qui a voté pour le Voldemort américain.

Il y avait bien sûr énormément de femmes, mais aussi des hommes et des enfants. Et pendant que celui-qu’on-ne-nommera-pas faisait un discours sur la sécurité nationale en ne soufflant mot des marches des femmes planétaires qui avaient lieu au même moment, 500 000 personnes se massaient dans le centre-ville de Washington. Personnellement, je n’ai jamais assisté à un événement aussi populeux. Il est impressionnant de sentir toute cette foule. Étourdissant, mais encourageant. Surtout si ce souffle continue de vouloir éteindre cette catastrophe annoncée.

Il est impressionnant de sentir toute cette foule. Étourdissant, mais encourageant. Surtout si ce souffle continue de vouloir éteindre cette catastrophe annoncée.

La suite

Alors que déjà, le gouvernement incarné par le richissime promoteur immobilier recule sur les droits à l’avortement, les changements climatiques, les droits des personnes LGBT et encourage les projets de pipelines, il est à prévoir que d’autres marches verront le jour. Et plus encore, que des actions concrètes seront mises en place pour décourager le nouveau président de faire reculer son pays à l’ère préhistorique, ce qu’il semble bien résolu à faire.

Les médias, qui ont par ailleurs largement contribué à son élection, malgré leur fausse surprise au lendemain des résultats (sortir des sondages et des analyses d’experts et aller sur le terrain un peu plus aiderait…), devront aussi travailler très fort à démentir la propagande déjà outrageuse et mensongère de l’attaché de presse de la Maison-Blanche. Comme pendant la course à la présidence américaine, il est grand temps que les médias comprennent leur responsabilité sociale et politique après avoir contribué à porter un tel être à la tête d’un pays. Et, pour la suite des choses, il sera impératif qu’ils prennent davantage au sérieux leur rôle de contre-pouvoir critique en ne participant pas à sa démence démagogue, qui passera sans nul doute par la presse et les réseaux sociaux, comme ce fut le cas pendant sa campagne.

Comme pendant la course à la présidence américaine, il est grand temps que les médias comprennent leur responsabilité sociale et politique après avoir contribué à porter un tel être à la tête d’un pays.

Ricochet sera bien sûr sur la ligne de front dans cette bataille qui se mènera à tous les niveaux, en tentant de vous apporter des points de vue critiques, des analyses pertinentes et des articles originaux qui ne sombreront pas dans le sensationnalisme auquel carbure le nouveau président américain. Car nous sommes plus que jamais touché par ce qui se passe chez nos voisins du Sud, et ne sommes pas à l’abri de subir les frasques et changements politiques du leader new-yorkais, que notre propre premier ministre encourage déjà. Nous serons donc doublement vigilante-s et critiques.

Peu importe son ampleur, c’est désormais la mobilisation qui compte dans toutes les sphères de la société. Et ce, dès maintenant, et pour au moins les quatre prochaines années à venir.

Ma galerie de quelques-uns de mes clichés de pancartes préférées

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