Présidentielles françaises

Tour de piste du premier débat pour l'Élysée

Photo: Remi Mathis

À peine la liste des candidat-es officialisée que les yeux des Français-es se tournaient déjà sur un premier débat télévisé le 20 mars dernier où s’affrontaient, pour la première fois de l’histoire politique française, les candidats à la présidentielle avant le 1er tour de vote, prévu dans un mois.

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Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Benoît Hamon (Parti socialiste), Emmanuel Macron (indépendant avec son projet En Marche!), François Fillon (Les Républicains) et Marine Le Pen (Front national) en ont profité pour présenter leur programme respectif. Rassemblé-es dans les studios de TF1 et LCI, les cinq «grands» en avance dans les sondages se sont échangés remarques, boutades et attaques pendant plus de trois heures et devant près de 10 millions de téléspectateurs et téléspectatrices, selon les chiffres de Médiamétrie.

Il faut dire que l’on avait très peu parlé des programmes des candidat-es jusqu’à présent. Les affaires d’emplois présumés fictifs entourant Fillon et Le Pen, le financement de la campagne de Macron et le jeu des alliances à gauche ont pris beaucoup d'attention médiatique.

La présentation du débat a par contre créé une certaine polémique puisque six des 11 candidat-es à la présidentielle ne participaient pas à la soirée, faute d’invitations du producteur. Mais, les chaines TF1 et LCI ont assuré qu’elles compenseraient. Elles ont d’ailleurs invité les «petits» candidats à présenter leurs programmes lors des émissions aux heures de grandes écoutes.

De l’environnement à la police nationale

Tout comme les candidat-es en présence, les propositions ont été diversifiées pendant ce débat qui reposait sur trois grandes questions: Quel modèle social pour la France? Quel modèle économique pour la France? Quelle place pour la France dans le monde?

Du nombre, on a qu’à penser au défi que s’est lancé M. Fillon de supprimer les 35 heures de travail, si chères à la France, pour les faire augmenter. Ou encore, au projet ambitieux de M. Mélenchon de mettre fin à ce qu’il appelle «la monarchie présidentielle» avec la création de la VIe République, qui modifierait notamment le système politique français pour mettre le pouvoir dans les mains de l’Assemblée des élus.

Mélenchon n’est par contre pas le seul à proposer une VIe République. Le candidat du PS, Benoit Hamon, souhaite lui aussi changer le système français en imposant un septennat non renouvelable pour les futurs présidents de la République.

Mélenchon n’est par contre pas le seul à proposer une VIe République. Le candidat du PS, Benoit Hamon, souhaite lui aussi changer le système français en imposant un septennat non renouvelable pour les futurs présidents de la République.

Pour Macron, il est vrai qu’il est peut-être entré moins en détail dans son programme que les autres. Mais il est tout de même parvenu à faire comprendre qu’il préfère des solutions diplomatiques au conflit impliquant la France et que la «laïcité est un bouclier et pas une arme qui pointe».

Finalement, Mme Le Pen a été fidèle à elle-même. Elle souhaite prioriser la France et les Français-es en renforçant le respect de la laïcité dans l’État, en supprimant le droit du sol et en arrêtant l’immigration pour s’occuper d’abord des pauvres et des chômeurs français.

Prouver qu’on peut être le prochain président

Tout comme au Canada, le plus grand défi des débats télévisés reste cependant de démontrer qu’on est «présidentiable».

Sur cet aspect, l’image joue pour beaucoup et force est d’admettre que lundi soir, l’expérience de premier ministre de François Fillon a paru à l’écran. Lui qui a pris un moment pour s’excuser au peuple français pour ses erreurs, avait tout l’air d’un candidat qui, s’il n’était pas coincé dans ses affaires d’emplois, aurait de très fortes chances d’accéder à l’Élysée.

Dans ces opposants, Mélenchon et Le Pen ont été fidèles à eux-mêmes et ont permis de montrer, au-delà des idées, des candidats à l’intensité contagieuse. Hamon a quant à lui réussi à prouver qu’il avait bien sa place parmi les candidats présents et qu’il savait tenir son bout. Pour ce qui est de Macron, il a paru serein lui qui rappelait en début de débat qu’il ne fait pas partie de la vie politique depuis des décennies et qu’il était la parce qu’il avait travaillé. Une fierté pour lui et son projet.

À la lumière de ce débat, tous ont eu leurs moments. Bien que Jean-Luc Mélenchon est souvent mentionné parmi les «vainqueurs» de ce débat, on peut parler de quasi match nul. Mais il est encore bien tôt pour tenter quelques prédictions que ce soit sur l’impact réel de ce débat.

À la lumière de ce débat, tous ont eu leurs moments. Bien que Jean-Luc Mélenchon est souvent mentionné parmi les «vainqueurs» de ce débat, on peut parler de quasi match nul.

L’élément intéressant à observer dans les prochaines semaines sera le taux d’abstention et de vote blanc (même s’il n’est pas comptabilisé officiellement). Car, pour certains, malgré les performances des candidats dans ce débat et dans cette campagne à venir, aucun d’entre eux ne représente un réel choix. Plusieurs Français sont présentement lassés de la politique et de ses institutions, incluant les médias. Et cela pourrait alors changer complètement la donne pour les votes à venir.

Les deux prochains débats auront lieu les 4 et 20 avril prochain, soit trois jours avant le premier tour, prévu le 23 avril.

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