Politique partisane

Mon chat Jean-Philippe est mort et c’est Québec solidaire qui l’a tué

Photo: Québec solidaire

Il est de bon ton, ces derniers jours, de casser du sucre sur le dos de Québec solidaire. Si les Libéraux sont réélus en 2018, ce sera certainement de la faute de Québec solidaire. La dernière fois que je suis allée chez le dentiste et que ça m’a coûté 450 piasses de plombages, c’était aussi de la faute de Québec solidaire. Et attendez, je ne vous ai pas encore parlé de ma mère morte…

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Le parti de René Lévesque aurait été traité de tous les noms, dimanche dernier, en congrès solidaire, nous rapportent les journalistes. «Raciste»?! Allons, voyons, ce n’est pas comme si sa majorité blanche avait essayé d’imposer sa vision de la vie bonne aux minorités de la province. Ho, wait

Mais ce n’est pas comme si la minorité allochtone francophone d’Amérique du Nord avait un devoir de cohérence après s’être battue pendant des décennies pour que l’on respecte sa culture. Ho wait

D’accord, concède-t-on, le Parti Québécois a fait des erreurs de parcours récemment, mais il ne faut pas s’accrocher autant au passé. Heureusement, sinon on serait obligé de se remémorer, en plus, la loi sur les services essentiels, la loi spéciale de 1983, l’accord de libre-échange Canada-États-Unis, le déficit zéro, le retour forcé au travail des infirmières… Chasser les Libéraux pour mettre d’autres néolibéraux à leur place : voilà le projet de société le plus excitant qu’on ait proposé à ma génération!

Chasser les Libéraux pour mettre d’autres néolibéraux à leur place : voilà le projet de société le plus excitant qu’on ait proposé à ma génération!

QS, un parti sans raison d’être

«Rejet», «haine», «trahison», «séance de défoulement», «renié ses principes de transparence», «paranoïa». Comme le dit avec humour l’auteur/e d’un blog anonyme, la semaine va être longue!

Mais oui, suis-je bête : si les membres de Québec solidaire ont passé 11 ans à rédiger collectivement un programme, c’est sans doute parce qu’ils et elles trouvaient un autre parti de la scène provinciale plutôt pas mal, à bien y penser! Ils et elles ne savaient simplement pas comment occuper leurs fins de semaine. Les solidaires ne sont finalement pas des gens de principes, mais seulement une poignée de nerds qui n’ont pas d’ami.e.s…

Véronique Hivon, qui est pourtant une femme respectable, essaye de nous faire pleurer sur la tombe de la convergence (le OUI Québec, à distinguer des pactes électoraux PQ-QS). Mais la séparation du Québec d’avec le reste du Canada, tout comme chasser les Libéraux, ce n’est pas non plus un projet de société!

Mais la séparation du Québec d’avec le reste du Canada, tout comme chasser les Libéraux, ce n’est pas non plus un projet de société!

On ne sait plus comment le dire et on est lasses de le répéter : la séparation, c’est un moyen. Si les gens ne s’entendent pas sur la fin à laquelle sera utilisé ce moyen, mais quel est l’intérêt de s’allier, je me le demande?

Un projet pour changer le Québec

Québec solidaire veut utiliser le moyen de la séparation pour réaliser un projet de société résolument de gauche, féministe, écologiste et antiraciste. Pas parce que ses membres haïssent les anglos. Pas non plus pour faire fleurir la bourgeoisie locale.

Si le PQ est enthousiasmé par un tel projet, hé bien qu’il se saborde et qu’il laisse ses membres progressistes rejoindre QS. Les autres iront d’eux-même à la CAQ.

Mais surtout, à la différence des autres partis provinciaux, Québec solidaire tente de mettre en place une démocratie participative. Chaque comté a ses assemblées générales, où les membres prennent des décisions qu’ils rapportent ensuite en congrès. Les grandes orientations proviennent donc des membres et non du bon vouloir des chef.fe.s. D’ailleurs, il n’y en a pas de chef.fe.s à Québec solidaire et ça, on sait combien c’est dur à comprendre pour les journalistes et les vieux partis politiques (« Condamnez la violence!»).

Évidemment, ce mécanisme est loin d’être parfaitement fonctionnel. D’abord, il est fortement limité par le temps de travail imposé aux ménages. De plus, comme c’est le cas dans d’autres expériences de démocratie participative, certaines personnes en position privilégiée prennent plus de libertés qu’elles ne le devraient. Les membres peuvent alors les rabrouer, avec un rapport de force plus ou moins grand pour exiger des comptes ou davantage de respect des mandats.

Assurer une démocratie réellement participative demande une vigilance et une autocritique continues de la part d’une organisation. Cet exercice est difficile mais il reste, selon moi, possible.

Même si plusieurs initiatives ont vu le jour par le passé, je ne connais pas d’autre organisation que Québec solidaire qui essaye, à l’heure actuelle, de faire vivre une telle démocratie à l’échelle de la province. Et c’est la démocratie participative qui permettra une réelle souveraineté du peuple, plutôt que celle de son élite. Et c’est bien ce que veux le PQ, non? Ho wait (après trois Ho wait, Christian Rioux fait généralement une syncope, ce qui était le véritable but de l’exercice)…

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