Jeux Olympiques

Portraits de Corée

En marge des Jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud, nous vous présentons trois portraits de citoyen-nes qui y habitent. Leurs idées, leur vie, et de ce qu'ils et elles pensent de la compétition mondiale qui se déroule dans leurs pays.
Photo: anja_johnson

«Je n'ai pas d'opinion politique. Chaque président est mon président.» - Kim Hong-Ki

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Kim Hong-Ki
Jules Tomi

Il allume sa cigarette. Nous sommes assis à une table en plastique à l’extérieur d’un p'yeon-ui-jeom, ces dépanneurs ouverts 24 heures sur 24 et qui n’existent ici que par chaînes, à quelques exceptions près.

À 37 ans, fonctionnaire du Ministère des Sciences, des TIC (technologies de l’information et de la communication) et de la planification du futur, Kim Hong-Ki n’est pas marié, n’a pas de femme dans sa vie et pas d’enfants. Même s’il vrai que la Corée est un pays où l’on se marie encore beaucoup, l’âge moyen du mariage a drastiquement augmenté au cours des dernières décennies; Hong-ki n’est donc pas une exception. Ce phénomène est d’ailleurs à l’origine d’un certain malaise social, particulièrement chez les anciennes générations. Hong-Ki relativise et raconte qu’environ la moitié de ses amis ne sont pas encore mariés et que ses parents sont, certes, contrariés, mais acceptent la situation. «Il n’y a pas le temps», ajoute le fonctionnaire qui travaille régulièrement jusqu’à 60 heures par semaine, une norme. «Les gens sont de plus en plus occupés alors c’est difficile de rencontrer des partenaires potentiels». La Corée du Sud est le troisième pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ayant le nombre d’heures de travail le plus élevé.

Entre deux bouffées de cigarette, Hong-Ki sirote son café instantané. Comme beaucoup de Coréens, il ne jure que par le café, instantané de surcroît. Le thé est un folklore, de plus en plus. Derrière nous le soleil couche, le vent se lève. Hong-Ki boutonne son polo et je lui offre une deuxième cigarette.

Les Jeux olympiques ne lui inspirent rien. Originaire de Busan et probablement trop jeune à l’époque, il garde peu de souvenirs de ceux de Séoul; PyeongChang ne l’intéresse pas outre mesure. Quand je lui parle de politique, Hong-Ki, en parfait «mandarin», hésite à s’aventurer. Pourtant, sa timide affabilité ne laisse transparaître aucun malaise. Sa retenue exprime une conception du service public, fondamentalement non partisane. Je lui demande s’il a voté aux dernières élections, qui faisaient suite à la destitution de la présidente précédente et pour lesquelles un taux de participation record était attendu. Hong-Ki secoue la tête sereinement. «Je n’ai pas d’opinion politique», me dit-il, «chaque président est mon président».

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