Relations Internationales

Les États-Unis du mauvais côté de l’Histoire

À l'heure où les États-Unis se transforment définitivement en État fasciste, de quel côté se situe le Canada?
Photo: Inconnu

Deuxième texte d’une série de deux qui se penche sur les choix que le Canada devra faire en termes de politique étrangère, alors que l’extrême-droite et le fascisme reviennent en force dans de nombreux pays occidentaux.

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Inutile de couper les cheveux en quatre lorsqu’on analyse les derniers développements politiques au sud de la frontière canadienne.

Cracher sur le peuple palestinien en reconnaissant officiellement Jérusalem comme capitale indivisible d’Israël, concrétisant de plus en plus le fantasme eschatologique des sionistes et de la droite chrétienne évangélique qui, étonnamment, voient en un adultérin et un arnaqueur notoire un président désigné par Dieu.

Passer en mode «futurs crimes de guerre» en Syrie en accusant faussement le régime de Bachar al-Assad d’avoir mené des attaques chimiques contre son peuple alors que de nombreux observateurs, dont le journaliste Robert Fisk, demeurent sceptiques. L’agenda se dévoile de plus en plus - la Syrie servira, en cas de défaite syrienne, de zone de transit et de base d’opérations pour une éventuelle campagne contre l’Iran.

Augmenter drastiquement le budget de la défense tout en octroyant une diminution massive d’impôts aux oligarques. Hausse de la répression par les forces de l’ordre afin d’étouffer toute velléité de résistance, surtout au sein de la communauté afro-américaine et, vraisemblablement, de protéger ce démantèlement du peu de filet social que possède les USA.

Si l’empereur est nu, l’Empire, lui, est vêtu d’une cuirasse et prêt pour la guerre.

État fasciste

Les États-Unis se transforment définitivement en État fasciste – un constat objectif qui s’observe jour après jour, décision après décision, tweet après tweet.

La nomination de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’État représente la fusion officieuse entre la diplomatie américaine et la CIA qu’il a dirigée pendant la première année du régime Trump.

Sa successeuse Gina Haspel, une ex-directrice d’une prison secrète en Thaïlande où se pratiquait la torture – pardon, des «interrogatoires serrés» - dévoile de manière éloquente l’orientation que prendra l’agence de renseignement, qui trempe déjà dans de très louches affaires depuis sa fondation.

Tout comme l’arrivée de John Bolton, un faucon néo-conservateur et ex-ambassadeur aux Nations-Unies sous George W. Bush qui, s’il officiait dans un des «pays de merde» selon Trump, croupirait en taule à La Haye pour crimes de guerre.

Le financement de l’explosion du budget militaire par des coupes sauvages dans les programmes sociaux et dans certains départements tels que l’Agence de protection de l’environnement, doublé par une augmentation des impôts de la classe moyenne au profit des oligarques qui ne souhaitent rien de mieux qu’une guerre pour mousser leurs affaires.

La négation des changements climatiques, menace existentielle mille fois supérieure que la Corée du Nord ou les djihadistes, surtout considérant la main américaine derrière leur création et leur expansion. La haine des étrangers et la promotion d’un nationalisme ethnique qui porte un nom – le racisme, quoiqu’en pensent ceux et celles qui préfèrent se considérer des «patriotes».

La négation des changements climatiques, menace existentielle mille fois supérieure que la Corée du Nord ou les djihadistes, surtout considérant la main américaine derrière leur création et leur expansion.

Les dérèglementations massives, le cassage de syndicats, l’influence grandissante des fanatiques religieux qui attendent la Seconde Venue du Messie sur la pelouse sud de la Maison-Blanche…

La mare est toujours pleine, et plus fétide que jamais. L’Amérique n’est « grande » qu’aux yeux des nostalgiques des années Reagan, de la Guerre Froide et de la peur inventée du Péril Rouge.

Une présidence qui n’avait, pourtant, rien de glorieuse.

Le Canada (et le reste de l’Occident) à l’heure des choix

Ainsi, les États-Unis se placent du mauvais côté de l’Histoire.

Un empire qui entre dans la pire des phases – une volonté d’expansion doublée d’une nécessité d’auto-préservation. Et qui, du même coup, entraîne le reste de l’Occident sur le sentier de la guerre.

Ailleurs en Europe, les partis d’extrême-droite gagnent du terrain, quand ce n’est pas carrément le pouvoir. Qui aurait cru au retour de régimes fascisants et racistes dans des pays comme la Pologne, l’Italie ou…l’Allemagne!

La Turquie est désormais un État-voyou qui, comme Israël, se livre à la commission de crimes contre l’Humanité.

Le Canada (et le Québec) se retrouve donc à l’heure des choix.

Emboitera-t-il le pas aux États-Unis, malgré la certitude que de graves crimes seront commis par le régime Trump?

Quelles seraient les conséquences d’un refus de suivre? Une guerre commerciale?

Niera-t-il le combat de nos aïeux contre le fascisme d’antan?

Nous arrivons effectivement à une période décisive de notre histoire, dont une proportion grandissante de la population semblent actuellement oublier de grands pans.

Mais déjà, le Premier ministre Trudeau s’est débarrassé des vestiges de son vernis progressiste en appuyant les USA et ses alliés français en anglais. De son côté, le chef du Parti Conservateur du Canada Andrew Scheer énergise déjà sa base religieuse et néoconservatrice en secondant les États-Unis concernant le statut de Jérusalem.

le Premier ministre Trudeau s’est débarrassé des vestiges de son vernis progressiste en appuyant les USA et ses alliés français en anglais.

Pouvons-nous encore nous permettre de nous croire du bon côté de l’Histoire?

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