G7

Un climat de peur peu propice aux manifestations

Le climat de peur instauré par les autorités et les médias a empêché certaines personnes d'exercer leur droit de manifester. Un fait dénoncé par plusieurs.
Caroline Roy-Blais

Alors que le Sommet du G7 battait son plein à La Malbaie, c’est dans la ville de Québec que les manifestant-es s’étaient donnés rendez-vous pour faire entendre leur désaccord avec cette réunion des sept pays les plus riches.

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« Les élites de ce monde seront à La Malbaie, isolées dans une tour d’ivoire protégée par plus d’un demi-milliard en coûts de sécurité. Eh bien! qu’elles y restent! Les populations du monde s’en porteront bien mieux et c’est pourquoi nous entendons couper les ponts avec ceux et celles qui causent notre misère » pouvait-on lire dans la convocation à la manifestation du vendredi 8 juin.

Intitulée « Le 8 juin, stoppons le G7 », cette manifestation à Beauport — stratégiquement située à la jonction de l’autoroute Dufferin-Montmorency et la 138, deux routes menant à La Malbaie — amorçait une journée de perturbations. En tout, ce sont quatre actions qui ont tenu les policiers en haleine toute la journée. Beauport, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch et Limoilou ont été visités par les manifestations. Au moins deux souricières ont été effectuées. Il semblerait qu’à chaque activité de perturbation, le nombre de policiers était supérieur au nombre de manifestant-es, une présence disproportionnée selon la Mission d’observation civile de la Ligue des droits et libertés et Amnistie Internationale.

Au moins deux souricières ont été effectuées. Il semblerait qu’à chaque activité de perturbation, le nombre de policiers était supérieur au nombre de manifestant-es, une présence disproportionnée selon la Mission d’observation civile de la Ligue des droits et libertés et Amnistie Internationale.

Campagne de peur

La manifestation à Beauport n’a jamais vraiment pu démarrer pour cause d’itinéraire non remis, bien que le Service de police de la Ville de Québec avait annoncé qu’il n’en exigerait pas, en vertu des décisions des tribunaux. À la fin de l’action, un manifestant a interpelé les journalistes pour les questionner quant à leur responsabilité dans ce qu’il a qualifié de campagne de peur.

« Journalistes! Avez-vous remarqué que le 1 %, le gouvernement, prend de l’argent des contribuables pour faire de la répression sur notre droit d’expression? », s’est exclamé Benoit Valiquette, alors que la manifestation était encerclée par des policiers de tous les côtés à Beauport.

Le manifestant a poussé ce cri du cœur dans l’espoir de faire réfléchir les représentant-es des médias. La foule a alors scandé « JOURNALISTES COMPLICES! LES POLICIERS SONT DES POURRIS, LES JOURNALISTES SONT LEURS AMIS! » Interpelé par une journaliste, Benoit Valiquette a accepté d’exposer son point de vue. Il a alors expliqué que la couverture médiatique en prévision du G7, les dizaines de reportages sur les armes que s’étaient procurés les corps policiers, sur le fait que les prisons avaient été vidées, sur le nombre de policiers déployés et sur les mesures qui seraient appliquées ont participé à instaurer un climat de peur. Une peur qui a empêché certaines personnes d’exercer leur droit de manifester contre le G7. La Mission d’observation dresse le même constat : les annonces répétées des mesures de sécurité font en sorte que des actes isolés sont généralisés et alimentent la peur.

Les policiers blâmés

La Mission d’observation civile déplore des comportements inacceptables des forces policières envers les manifestant.es et des journalistes.

Les organismes qui mènent la Mission conjointement avaient reçu l’assurance de la part du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) que des tactiques d’arrestations de type souricières ne seraient pas employées -avant de se rétracter pour se garder la liberté d’agir selon le déroulement des manifestations. Malgré tout, onze manifestant-es ont été arrêté-es au cours des activités de perturbations ce vendredi - dont Benoit Valiquette. Aucun-e des manifestant-es n’a été relâché, leur comparution est prévue pour lundi. Une vigile de soutien est prévue dimanche à 11 h à la Centrale de police au Parc Victoria.

Les organismes qui mènent la Mission conjointement avaient reçu l’assurance de la part du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) que des tactiques d’arrestations de type souricières ne seraient pas employées -avant de se rétracter pour se garder la liberté d’agir selon le déroulement des manifestations.

Injures aux manifestant-es, intimidation de journalistes, menaces d’arrestation pour entrave envers des journalistes, souricière, fouille pour sortir des souricières, arme pointée vers un manifestant qui ne présentait pas un danger, extraction rapide de manifestants avant que des actes illégaux aient été commis, sont autant de constats des observateurs civiles. « Ces comportements compromettent le libre exercice du droit de manifester et la liberté de presse », selon la directrice générale de la section canadienne francophone d’Amnistie internationale.

Injures aux manifestant-es, intimidation de journalistes, menaces d’arrestation pour entrave envers des journalistes, souricière, fouille pour sortir des souricières, arme pointée vers un manifestant qui ne présentait pas un danger, extraction rapide de manifestants avant que des actes illégaux aient été commis, sont autant de constats des observateurs civiles.

La Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale sont « surprises, voire choquées d’apprendre que certaines équipes d’observateurs et observatrices ont été traitées de manière cavalière, à plusieurs reprises, par des membres du service de police de la ville de Québec. Certains ont même été empêchés d’observer une arrestation à laquelle des journalistes ont eu accès», a indiqué la directrice générale de la section canadienne francophone d’Amnistie internationale, Geneviève Paul.

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