Musique

L’optimisme naturel de Janette King

Découverte d'une artiste émergente montréalaise

Janette King a le vent dans les voiles. La chanteuse, productrice et DJ Montréalaise présente Mars, un premier titre album à paraître sous ce nouveau label de disque prometteur, Hot Tramp, qui se concentre exclusivement sur la musique produite par des femmes et des personnes non-binaires.

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Naviguer l'industrie de la musique n’est jamais une chose facile pour un artiste émergent. Janette King s’y prend avec autant de grâce qu’en interprétant ses compositions électro-R&B exaltantes, aux paroles habitées d’humanité, de sentiments et de réflexion.

Pour ce début chez Hot Tramp, la chanteuse a également dévoilé une nouvelle vidéo, qu’elle a elle-même réalisée, aux tonalités d'amour noir (Black Love) et de queerness. « J'aime beaucoup ce médium et y superposer ma musique », dit-elle. « Lorsqu’on visionne un vidéoclip, cela change notre interaction avec la chanson », croit-elle.

Entre création et perspective

Malgré tout ce qui peut nous en distraire en cette période de pandémie mondiale, pour King, le moment est propice à la création artistique. Non seulement nous passons plus de temps en ligne que jamais auparavant, mais nous ressentons un besoin impératif de se changer les idées. L'art et la culture arrivent à point pour nous détourner de nos inquiétudes et angoisses.

La chanteuse continue de plancher sur les sorties à venir. Elle ne se sent tout de même pas obligée d’être productive : il s’agit pour elle d’un acte de foi et de joie, et d’une façon d’être connectée au monde en cette époque où la solitude se fait facilement sentir. L’artiste à l’âme exploratrice, qui a passé plusieurs semaines en tournée l’an dernier, profite de cet isolement forcé pour s’ancrer davantage. En pleine possession de ses moyens, elle se sent maintenant libre d’aller où elle veut d’un point de vue musical.

Se tourner vers l’avenir

Inévitablement, les questionnements subsistent face à l'incertitude globale. « Cela vaut-il la peine d’être signée sur une étiquette de disque? », s'interroge-t-elle. Une nouvelle portée, alors que les industries s'occupent plutôt de la distribution numérique et matérielle - un aspect qui reste à définir, au moment où les concerts ne peuvent avoir lieu.

King croit tout de même qu’il s’agit d’une occasion de voir sa musique être partagée au-delà de ses propres moyens. « Je me trouve chanceuse et fortunée d’être ainsi entourée », dit-elle au sujet de sa collaboration avec Sarah Armiento, directrice et fondatrice de Hot Tramp.

Les évènements liés aux enjeux raciaux qui ont marqué les derniers mois ont également pris d'assaut l’industrie du disque.

Les gens ont dû poser un regard critique sur eux-mêmes, à savoir s’ils tirent profit de la culture noire et de quelle manière, et dans le cas échéant, s’ils contribuent à cette culture dont ils profitent.

« Le plus souvent, ils n’y contribuent pas en retour », souligne-t-elle. Je pense que de nombreuses personnes du milieu doivent réévaluer leur façon de faire, et être plus ouverts au travail produit par les artistes noirs ».

Difficile également de jauger la sincérité de ceux qui maintenant, semblent vouloir faire un effort, et de comprendre pourquoi un tel changement a pu prendre autant de temps, même si, comme le dit Janette King, on ne peut que se réjouir de voir plus d’artistes noir.e.s être mis à l’avant-scène.

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