Mobilisation large à l'automne

Au-delà des négociations, un combat à mener

Photo: www.flickr.com

La grande chose de la démocratie, c’est la solidarité.

Victor Hugo, Proses philosophiques.

Dans le cadre des négociations entamées depuis avril, une demande de médiation a été soumise au ministre Sam Hamad par le Front Commun regroupant la CSQ, le SFPQ, l'APTS, la CSN et la FTQ, ce qui constitue une étape cruciale dans l’obtention du droit de grève pour l’automne. Les représentant.e.s des différents syndicats ont cependant déjà exprimé des doutes quant à la capacité de résoudre par médiation leur contentieux avec le gouvernement sur les conventions collectives du secteur public.

Votre annonce ici
Vous n'aimez pas les publicités?
Les publicités automatisées nous aident payer nos journalistes, nos serveurs et notre équipe. Pour masquer les annonces automatisées, devenez membre aujourd'hui:
Devenez membre

Nous partageons ce scepticisme face au réel souci du gouvernement pour les travailleurs et travailleuses, et doutons également de sa bonne foi dans les négociations en cours. La méfiance qui se généralise actuellement dans la population doit, selon nous, laisser place à un mouvement de contestation large. C’est pourquoi nous tenons ici à réaffirmer notre solidarité, comme membres de la communauté étudiante, avec la cause des travailleurs et travailleuses de la fonction publique.

Penser l’austérité dans une perspective corporatiste, en tentant seulement d’en minimiser l’impact dans nos domaines de travail ou d’étude respectifs, c’est jouer le jeu du gouvernement. Nous avançons pour notre part que la lutte contre l’austérité doit unir l’ensemble de la population. En somme, plutôt que de protester chacun.e dans son coin, nous devons admettre que la restructuration néolibérale de l’État nous affecte tous et toutes.

C’est donc en tant que bénéficiaires des services publics et sociaux, travailleurs et travailleuses et citoyen.ne.s engagé.e.s que nous prendrons la rue avec les membres du Front Commun cet automne – et ferons la grève pour les appuyer dans leurs revendications. Face à la logique de division, voire de mise en compétition entre elles des personnes et instances affectées par les coupures, une campagne syndicale combative devra fédérer les énergies et porter un message rassembleur, et ce bien au-delà des limites qu’on attribue habituellement à l’activité syndicale. Pierre Vadeboncoeur, figure majeure de la CSN, écrivait déjà en 1961 à ce propos :

« Le syndicalisme doit être la victoire du peuple, non pas son vasselage organisé. Il doit contenir toutes les ambitions politiques du peuple, il porte en lui deux siècles de peuple politique et il se perdrait dans une quelconque fixation institutionnelle? »

Contrairement au confort qui accompagne la résignation, la lutte représente toujours un risque, mais c’est avec elle que nous pouvons obtenir de véritables gains et c’est par elle que les citoyen.ne.s peuvent se convaincre de leur puissance d’agir face à tout ce que les autorités politiques et économiques veulent leur imposer. L’histoire des luttes syndicales au Québec nous apprend qu’une victoire incertaine vaut toujours plus qu’un recul assuré : le Front Commun pourra donc compter sur la présence et le soutien des étudiant.e.s à l’automne. Le dialogue qu’il nous faudra établir exigera du temps et de l’énergie, mais gageons qu’il nous permettra de constituer une force d’opposition soutenue au saccage budgétaire et social du gouvernement Couillard.

Emanuel Guay, étudiant en sociologie à l’Université Laval, membre du Comité à la Recherche et aux Affaires Académiques de l’ASSÉ (CRAA).

Simon Marcoux-Piché, étudiant au Cégep Garneau, Porte-parole du Front Régional d’Action à Québec de l’ASSÉ (FRAQ-ASSÉ).

Poursuivez votre lecture...
Psychologie
Comment le concept d’aliénation parentale protège-t-il les droits des pères violents
Céline Hequet
17 mai 2018
Évènement
À quoi sert l’innovation sociale ?
17 mai 2018