Pétrole

La bulle de Harper

Photo: www.flickr.com

Le 15 juillet dernier, la banque du Canada a annoncé, pour la deuxième fois cette année, une baisse du taux directeur (qui est passé de 1% en janvier 2015 à 0,5% aujourd'hui). Selon la banque du Canada, il est important d'aider l'économie par des baisses de taux directeur parce que l'économie va mal et que le Canada serait en récession.

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Malheureusement, les Canadiens et les Canadiennes ne semblent pas voir la situation économique explosive que connaît le Canada actuellement. Cette baisse du taux directeur ne solutionnera pas les problèmes systémiques que connaît notre économie. D’abord, la baisse du taux devrait permettre de gonfler encore quelques mois supplémentaires la bulle immobilière qui existe actuellement au Canada (et dont le Québec est relativement épargné) et permettre aux Canadiens et aux Canadiennes d’atteindre de nouveaux records d’endettement.

D’ailleurs, l’endettement des ménages canadiens est actuellement plus élevé que celui que les Américains avaient avant l’éclatement de la bulle immobilière et l’énorme crise économique qui a suivi en 2008. Continuer à nourrir la bulle immobilière et l’endettement des ménages est une stratégie risquée, dans laquelle la Banque du Canada est coincée.

La Banque du Canada tente aujourd’hui de sauver les meubles, alors qu’une récession dont le gouvernement Harper est responsable sévit au Canada. La politique économique du gouvernement Harper a été d’appliquer l’austérité au Canada. D’une part, le gouvernement fédéral, durant l’ère Harper, s’est privé de dizaines de milliards de dollars de budget en faisant baisser la TPS de 7% à 5% et en diminuant les impôts des entreprises de 22% à 15%.

D’autre part, le gouvernement conservateur a fait disparaître près de 30 000 emplois dans la fonction publique. Le gouvernement Harper a appliqué l’austérité avec tellement de zèle que le FMI a dénoncé cette politique en 2013 parce qu’elle nuisait à la croissance économique.

Le gouvernement Harper avait par contre une stratégie afin de développer l’économie canadienne et l’emploi : les sables bitumineux. Les conservateurs ont misé sur le pétrole comme principale (voire unique) locomotive à la croissance économique. Pour les conservateurs, le fait que les sables bitumineux soient nocifs pour l’environnement, et ne soient pas une industrie durable et détruisent la base industrielle du Québec et de l’Ontario n’est pas important. C’est, selon le gouvernement Harper, la meilleure façon de faire de l’argent. Le problème, c’est que le prix du pétrole n’est pas constant. Depuis un an, le prix du baril de pétrole est passé de 110$ à 50$.

Le pétrole de l’Alberta coûte actuellement 63,50$ le baril à produire et les nouveaux projets de développement coûtent entre 85$ et 115$ le baril. Dans le contexte actuel, les prix du pétrole font en sorte de stopper développement des sables bitumineux et de rendre déficitaires la production actuelle. Les bas prix du pétrole devraient encore se poursuivre jusqu’en 2017 au minimum selon les prévisions. Dans ce contexte, l’économie canadienne connaîtra encore beaucoup de difficultés si la base industrielle du Québec et de l’Ontario reste incapable de se relever. Pour ce faire, il faudrait que le gouvernement soutienne la croissance économique.

La stratégie économique du gouvernement conservateur de Stephen Harper était un échec prévisible. Le Canada connaîtra encore des difficultés économiques pendant plusieurs mois et le gouvernement canadien sera vraisemblablement incapable d’atteindre l’équilibre budgétaire. Plutôt que de faire face à la situation et de modifier sa stratégie, le gouvernement Harper préfère nier son échec.

Le Canada a véritablement besoin d’un changement de cap afin de développer une économie durable qui permettra de stabiliser notre économie et de soutenir une croissance soutenable. Par chance, les Canadiens et Canadiennes seront appelés à choisir un nouveau gouvernement en octobre prochain. Souhaitons que la prochaine élection fédérale permettra d’avoir un gouvernement qui aura une stratégie économique tournée vers l’avenir plutôt que de vouloir poursuivre tête baissée vers le précipice avec une stratégie économique qui a déjà démontré son échec.

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