Écosse

La parole aux Écossais

Des électeurs confient leur choix
Photo: Kyoshi Masamune

En collaboration spéciale

La tension était palpable hier dans la capitale écossaise entre indépendantistes et unionistes à la veille de l’ouverture des bureaux de vote. Alors que les récents sondages donnent le Non gagnant à un peu plus de 50 %, des militants des deux camps continuaient leur travail sur le terrain. Alors que les activistes du Non étaient un peu plus discrets, une dernière manifestation du Oui a eu lieu en soirée à Édimbourg. Des monuments de la capitale avaient même revêtu hier soir les couleurs de chacun des deux camps. Même s’il reste encore des électeurs à séduire, les Écossais semblent pour la plupart déjà fixés sur le choix qu’ils feront aujourd’hui dans l’isoloir. Sept personnes, qui seront aujourd’hui les acteurs de l’Écosse de demain, nous font part de leur vote.

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Janet, dans la cinquantaine, gérante. Édimbourg
« En plus de 300 ans dans le Royaume-Uni, nous avons construit tant de choses ensemble, nous avons affronté tant de tempêtes. Alors, pourquoi changer ça? Je suis plutôt confiante pour le résultat du vote. »
Will, 26 ans, étudiant et militant du Non. Stirling
« Je voterai Non! Je ne sais pas ce qui pousse quelqu’un à voter Oui. Et je ne crois pas que le Scottish National Party (SNP) a démontré la nécessité de l’indépendance. Pour ma part, je crois qu’il vaut mieux vivre dans une économie de 63 millions de personnes. Et si on a une chance d’affaiblir le nationalisme, on doit la saisir et travailler ensemble! Je me sens comme la veille d’un examen. J’espère que le résultat sera le bon! La campagne du Non a été bonne. Et même si le camp opposé a mené, je pense, une bonne campagne, les Écossais savent qu’ils peuvent conserver leur identité tout en gardant la sécurité de vivre au Royaume-Uni. »
Frédéric, 37 ans, entrepreneur. Stirling
« Je serais tenté de voter Oui pour laisser une chance aux Écossais de vivre leur rêve! Mais n’est-ce pas trop tard en 2014, dans un monde où l’économie est aussi mondialisée? Et puis le monde de la politique est pourri par la racine… C’est sûr que derrière cette campagne, il y a un agenda caché, comme dans presque tous les projets politiques. Mon choix n’est pas encore arrêté. »
Alison, dans la cinquantaine, professeure de sociologie et militante du oui. Édimbourg
« Je pense que voter Oui est la seule manière d’obtenir plus de démocratie pour tout le Royaume-Uni. Avec une plus petite population, la représentativité [au parlement] sera plus juste. La tendance politique en Écosse est, je pense, plus à gauche. Alors j’espère que la classe ouvrière sera bien représentée, pour que l’on puisse obtenir plus de droits, des salaires décents pour les travailleurs et renforcer les syndicats. Je ne me qualifierais pas de nationaliste et je ne voterais jamais pour le SNP, mais je vois l’indépendance comme un défi lancé à l’élite qui nous gouverne. J’espère que ce sera une inspiration pour la gauche en Angleterre. »
Florence, 16 ans, étudiante. Édimbourg
« Je vais voter Oui, avant tout parce que je veux que ma voix compte dans l’Écosse de demain. Je veux avoir des lois pour lesquelles j’ai voté plutôt que celles imposées par Westminster. Je pense que le Oui peut l’emporter. Regardez autour de vous, tout le monde porte un collant ou une broche du Oui. Nous sommes des passionnés. La campagne du Non, elle, est essentiellement basée sur la peur. »
Thomas, dans la cinquantaine, ingénieur. Édimbourg
« Je voterai Oui. Nous ne vivons pas dans une société démocratique. Il y a un déficit de représentation des Écossais à Westminster. Peu importe ce que l’on dit ou comment l’on vote, ce sont les Anglais qui décident. Si le rapport de force était inversé, je suis certain que les Anglais voudraient leur indépendance aussi. Je pense que certaines guerres dans lesquelles le Royaume-Uni est engagé ne concernent pas l’Écosse. En ce moment, si l’on vote Non, on sera pris avec un engagement militaire en Syrie auprès des États-Unis. »
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