Écosse

Les Écossais choisissent le Royaume-Uni

Du côté du camp du Oui, Alex Salmond, premier ministre de l’Écosse et leader du Scottish National Party, a reconnu dans la nuit sa défaite. « Je demande à toute l’Écosse de prendre acte du verdict démocratique du peuple écossais. Nous devons aller de l’avant comme une nation unie », a-t-il dit lors de sa déclaration officielle à Édimbourg. Il a également demandé à Westminster de tenir ses engagements quant au transfert de plus de pouvoirs au parlement écossais, avant d’annoncer vendredi en journée qu’il quittait son poste de premier ministre.

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Un peu plus tôt vendredi, son homologue britannique, David Cameron, a réagi sur les ondes de la BBC, en direct du 10 Downing Street. « Les Écossais ont parlé et le résultat est clair. Ils ont choisi de garder notre pays de quatre nations réuni et, comme des millions de personnes, je suis ravi, a-t-il déclaré. Il est temps pour le Royaume-Uni de se rassembler et d’avancer ». Pour ce qui est de la dévolution de pouvoirs, il a affirmé qu’elle était « valable pour l’Écosse, mais aussi pour les autres pays du Royaume », selon la BBC.

de force Beaucoup d’analystes jugent que les 44,7 % d’appui au Oui montrent une volonté de changement dans la relation entre Londres et Édimbourg. « Il est certain que le rapport de force va changer, confirme Frédéric Bérard, chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, actuellement en mission de recherche en Écosse. David Cameron a clairement annoncé une dévolution de pouvoirs. Mais si les résultats du camp du Oui avaient été plus élevés, les négociations seraient plus faciles. Si les indépendantistes d’Alex Salmond avaient récolté 49,5 % des votes, David Cameron aurait probablement démissionné, un deuxième référendum aurait été envisagé et le rapport de force aurait été plus important. »

Si les résultats du camp du Oui avaient été plus élevés, les négociations seraient plus faciles

À savoir si la question est réglée en Écosse, M. Bérard évoque l’exemple québécois. « La question est-elle réglée au Québec? » laisse-t-il planer, soutenant que « près de 45 % pour le Oui est un résultat plus faible que prévu, mais honorable ».

Les Écossais ont repris le cours de leur vie, certains ravis, d’autres déçus, d’autres encore sceptiques sur la suite des choses à venir. « C’est un peu comme après un match de soccer. Durant les deux à trois prochaines semaines, il va y avoir des petites tensions entre les deux camps. Mais après ça, tout va revenir dans l’ordre, confie Martha, une chauffeuse de taxi dans le centre-ville de la capitale. Et puis, nous ne sommes pas dupes, rien ne va changer, les choses resteront telles qu’elles étaient avant le référendum. »

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