Manifestation à Ottawa

Remettre le logement social et l'itinérance au sommet des priorités

Rémy Bourdillon

Justin Trudeau est prévenu: il ne pourra pas faire la sourde oreille face aux questions du logement social et de l'itinérance. C'est ce qu'un bruyant cortège d'un peu plus de 500 personnes est venu faire savoir au nouveau Premier ministre cet après-midi à Ottawa, suite à l'appel du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et du Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ).

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De nombreux organismes venus de partout au Québec étaient présents pour demander des actions claires au gouvernement libéral: « Ce qu'a dit M. Trudeau pendant la campagne était assez vague, d'après Émilie Lecavalier, coordonatrice au Comité BAILS-Logement d'Hochelaga-Maisonneuve. Il a dit qu'il allait donner de l'argent pour les infrastructures sociales. Cela inclut le logement social, mais dans quelle proportion? Pour l'instant, ce n'est vraiment pas clair. »

Elle rappelle l'urgence de la situation dans son quartier, où de nouveaux logements sociaux se font attendre alors que 40% de la population consacre au moins 30% de son revenu pour se loger. « Il y a même une personne sur 10 qui paie 80%! »

Changement de stratégie demandé

Les demandes du FRAPRU et du RSIQ sont claires: à court terme, le maintien des subventions aux logements sociaux – 25 000 logements vont les perdre d'ici la fin de 2015. Mais aussi le retour à une approche globale en ce qui a trait aux orientations de la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI). En gros, une autre approche que le « logement d'abord » de l'ancien gouvernement conservateur: « C'est une formule qui passe essentiellement par des logements privés, donc on n'augmente même pas le parc de logements », explique Pierre Gaudreau, président du RSIQ.

Cette manifestation était aussi l'occasion de se faire entendre pour certaines personnes en prise à des difficultés pour se loger. C'est le cas de Daniel Biron, qui a vécu 6 ans dans la rue, et qui a tenu à faire le déplacement depuis Montréal: « Cela m'a pris plusieurs mois pour obtenir un logement à l'Accueil Bonneau, témoigne-t-il. Je suis bien là-bas, j'ai réglé plusieurs de mes problèmes. Je veux donner un coup de main au mouvement, aider les gens à avoir un logement comme moi j'en ai eu la chance. »

Les organismes présents à Ottawa attendent maintenant un signe de la part du gouvernement Trudeau. « C'est une première action et oui, il y en aura d'autres, affirme Pierre Gaudreau. Il y a le discours du trône dans deux semaines, on espère une annonce qui va dans le sens de ce qu'on demande aujourd'hui dans la rue. »

Les mal-logés espèrent donc que leur voix aura traversé l'océan pour atteindre les oreilles de Justin Trudeau, qui n'était pas à Ottawa aujourd'hui mais en déplacement aux Philippines.

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