Affaire Galchenyuk: enfin du vrai journalisme

Photo: Kristina Servant

En plus d'être tout un joueur de hockey, Alex Galchenyuk nous a permis de constater qu'il reste encore des bons journalistes au Québec.

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Le Journal de Montréal nous présentait hier son dossier sur cette affaire (un joueur de hockey qui aux petites heures du matin reçoit un coup de poing de la part de sa copine). Plus de sept pages inédites nous expliquant, sous tous les angles possibles, ce qui s'est réellement passé entre le jeune joueur de hockey du Canadien de Montréal et sa copine. Hier, le Metro sortait un gros scoop, et, dans un souci de transparence, le quotidien nous a permis de consulter l'intégral d'un témoignage d'une personne présente ce soir-là.

Toutes ces nouvelles ont été passées au peigne fin par des analystes, des blogueurs. Même ceux et celles qui publient des commentaires sur les grands sites d'actualité ont veillé au grain. Tout le monde a droit à la vraie information. Les «trolls» ont rapidement été réprimandés par la communauté et se sont parfois même excusés. À défaut d'avoir une équipe qui gagne, nous avons un espace public en bonne santé.

À défaut d'avoir une équipe qui gagne, nous avons un espace public en bonne santé.

Évidemment, j'exagère, mais il est étonnant de voir à quel point pour un simple fait divers, la machine journaliste met tout en oeuvre pour bien nous informer. Il suffit de se poser une question et un affectateur risque de la confier à un journaliste dans sa salle de nouvelle.

En ces moments politiques importants, il est de plus en plus difficile d'avoir des nouvelles (du moins, dans les médias traditionnels) dont le contenu provient d'autres sources que celles préalablement choisies par le gouvernement ou l'opposition officielle.

Le 3 octobre 2014, le Premier ministre Stephen Harper annonçait que la Canada entrait en guerre: des frappes aériennes auraient lieu en territoire étranger afin de combattre l'État islamique. Je me rappelle à l'époque d'avoir été frappé par les types de reportage. Le contenu transmis par les médias me permettait difficilement de situer l'endroit sur une carte où mon pays allait faire la guerre. Je n'avais pas vraiment une idée sur ce qui aurait pu être fait d'autre. Cependant, j'ai eu droit à un reportage de fond m'expliquant quel genre d'avion allait procéder aux frappes aériennes. Une stratégie de relations publiques développée depuis la guerre du Vietnam qui consiste à mettre davantage de l'avant les armes utilisées que les blessées, les ruines et les morts. La «guerre propre». En ces moments politiques importants, il est de plus en plus difficile d'avoir des nouvelles (du moins, dans les médias traditionnels) dont le contenu provient d'autres sources que celles préalablement choisies par le gouvernement ou l'opposition officielle.

Je reste donc fasciné par le cas d'Alex Galchenyuk: la presse a réussi à multiplier les sources, les angles et les points de vue, afin de nous donner le meilleur traitement de la nouvelle possible. Je n'aurais pas aimé être un relationniste pour le Canadien de Montréal cette journée-là. Les journalistes faisant leur travail, il était impossible de complètement contrôler le message afin de défendre l'image de l'organisation et de l'un de ses joueurs-vedettes.

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