Hockey

John Scott, un héros

Photo: Wikimedia Commons

Je suis tombé récemment sur ce billet de John Scott, publié dans l’excellent Player’s Tribune, un journal qui donne la parole aux sportifs professionnels. John Scott nous parle de sa vie de bagarreur. D’abord grand fan de Raymond Bourque, ensuite retranché des camps Junior B, il a laissé tomber les gants pour la première fois dans la Ligue américaine de hockey. John n’a jamais voulu être un bagarreur, il ne pensait même pas jouer un jour dans la LNH.

Votre annonce ici
Vous n'aimez pas les publicités?
Les publicités automatisées nous aident payer nos journalistes, nos serveurs et notre équipe. Pour masquer les annonces automatisées, devenez membre aujourd'hui:
Devenez membre

Petit aparté pour le lectorat moyen de Ricochet: se faire retrancher du junior B, c’est un peu comme perdre ton élection comme délégué de ta classe pour le conseil étudiant de ton école secondaire.

Il a ensuite réussi à décrocher une bourse d’études, jouer au hockey pour Michigan Tech et devenir ingénieur. Il se fait offrir une chance de jouer dans la Ligue américaine et finira comme bagarreur dans la Ligue nationale.

Quelques années plus tard, pour faire une farce, les partisans de la LNH l’ont sélectionné pour le match des étoiles. Après d’énormes pressions de la ligue pour qu’il refuse, il a finalement décidé de jouer. D’abord, j’ai trouvé que c’était un scandale. Pourquoi un goon au match des étoiles? Ensuite, j’ai trouvé cela drôle. Je suis finalement tombé sur ce texte de John Scott. Je dois dire que j’ai été profondément touché.

Lors de son premier but, il a reçu une ovation debout. Je ne crois pas que tout le monde le faisait pour rire. Beaucoup se voyaient dans John Scott, ce type un peu moyen, mais qui a réussi à se frayer un chemin jusqu’au match des étoiles.

Lors de son premier but, je me suis dit que j’aurais, peut-être, pu être là… Jouer sur cette patinoire aurait peut-être été possible. Évidemment, je rêvais en couleur. Mais il est plutôt bizarre, qu’après plus de 20 ans à suivre le hockey, John Scott m’ait fait rêver davantage que Mario Lemieux pour certains ou, dans mon cas, comme petit joueur, Martin St-Louis.

il est plutôt bizarre, qu’après plus de 20 ans à suivre le hockey, John Scott m’ait fait rêver davantage que Mario Lemieux pour certains ou, dans mon cas, comme petit joueur, Martin St-Louis.

C’est le joueur choisi par la foule dont la légitimité a été mise en doute. Les grands bourgeois qui gèrent cette ligue ont tout fait pour l’en empêcher. On l’a même échangé à une équipe qui ne fera pas les séries et qui l’a envoyé directement rejoindre les ligues mineures. On lui a même dit que tout le monde allait rire de lui, qu’il serait une honte pour ses enfants.

John Scott s’est tenu debout. Il a été choisi. Il est arrivé avec ses enfants à Nashville, ceux-ci portaient fièrement le chandail du match des étoiles avec le nom de leur père, « Scott », écrit dans le dos. Il a joué. Il a été le joueur de match. Aujourd’hui, il est la première étoile de la semaine dans la LNH.

Il s’agit de l’illustration que quelqu’un de normal, pas un athlète surhumain, peut jouer sur cette patinoire. Peut-être est-ce une façon de réduire la barrière entre les gradins et la patinoire. Au match des étoiles, John Scott était l’homme du peuple.

Poursuivez votre lecture...
PODCAST
Fil Rouge - Épisode 1
16 avril 2018
Environnement
La lutte contre le glyphosate s’intensifie au Nouveau-Brunswick
Anne-Marie Provost
16 avril 2018
Élections provinciales 2018
Les défis de Vincent Marissal
Xavier Camus
4 avril 2018