La salle des nouvelles
Accueillir rapidement les migrants ne suffit pas: il faut aussi les aider à s'intégrer économiquement dans la société québécoise. À preuve, le taux de chômage des immigrants à Montréal atteint des sommets vertigineux et ce même parmi les immigrants parlant le français.

Mieux accueillir pour mieux intégrer

La crise actuelle des migrants en Europe et l’invitation des chefs de parti Mulcair et Trudeau à accueillir davantage de migrants ont de quoi surprendre quelque peu. Il est difficile de rester insensible à une photo montrant un bambin mort noyé et échoué sur une plage. Toutefois, il y a une autre réalité qui est pourtant manifeste au Québec : les personnes immigrantes peinent à trouver un emploi au Québec. La conséquence la plus prévisible est un long chemin de difficultés économiques et d’intégration sociale. C’est encore pire pour les femmes migrantes et les personnes migrantes de l’Afrique. Le taux de chômage est deux fois plus élevé chez les migrants que les Québécois. Pourtant, il existe certains outils et programmes d’aide à l’insertion socioprofessionnelle. Certains programmes, notamment, au Ministère de l’Immigration ont connu une augmentation au dernier budget de mars 2015. Est-ce que cela va pour autant changer les choses pour eux? Difficile à dire, mais une étude extrêmement poussée de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse révèle à caractéristiques égales et compétences égales un candidat au nom de famille québécoise a moins 60% plus de chances d’être invité à un entretien d’embauche qu’une personne ayant un nom d’origine africaine, arabe ou latino-américaine.
À cela plusieurs répondront que les migrants ont des problèmes d’intégration professionnelle à cause de la langue et de leurs qualifications professionnelles. Le Québec est la seule province à « sélectionner » les migrants et priorise les migrants provenant de pays francophones, notamment de l’Algérie, du Maroc, etc. Diverses études démontrent que les Maghrébins francophiles subissent un taux de chômage nettement supérieur aux Québécois. Même les personnes migrantes ayant un diplôme de premier cycle universitaire peinent à dénicher un emploi à la mesure de leurs compétences et connaissances. Le taux de chômage des immigrants détenteurs d’un baccalauréat est trois fois plus élevé que celui des Québécois. Un immigrant récent sur trois occupe un emploi pour lequel il est surqualifié.
Le Québec accueille près de 50 000 immigrants par année. Est-ce trop ? Est-ce suffisant pour le remplacement démographique ? Est-ce que les mesures d’intégration socioprofessionnelles sont adéquates ? Quel est le fond du problème ?

Luc Vallerand
M.A Sciences de l’orientation



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